21 janvier 2006
traduction 21 janvier 2006
Traduction d’un extrait de Marguerite Yourcenar : La vie errante. Les loisirs d’été.
En un fresco día que anunciaba ya el otoño, Zenón acudió a pie hasta la fábrica de tejidos de Oudenove. Parados en busca de trabajo atestaban la comarca [...]
Un hombrecillo enjuto y vivaracho, un tal Thierry Loon, devanador ascendido súbitamente a contramaestre, enseño a Zenón las máquinas por fin montadas, a las que los obreros habían tomado manía rápidamente, después de fundar en ellas la extravagante esperanza de ganar más y esforzarse menos [...]. Thierry Loon hablaba de Henri-Juste con obsequiosa reverencia, pero miraba de reojo a Zenón deplorando los víveres insuficientes, las casuchas de madera y cascotes construidas apresuradamente por los administradores del comerciante, las horas más largas que en Brujas, al no regirlas ya la campana municipal. El hombrecillo añoraba el tiempo en que los patronos sólidamente asentados en sus privilegios retorcían el pescuezo a los obreros libres y plantaban cara a los príncipes. Las novedades no le asustaban; apreciaba el ingenio de aquellas especies de jaulas en las que cada operario manejaba simultáneamente con pies y manos dos palancas y dos pedales, pero aquel ritmo demasiado rápido agotaba a los hombres y aquellos mandos complicados requerían más cuidados y atención de los que poseen dedos y cabezotas de artesanos.
15 janvier 2006
Alain Robbe-Grillet 'La maison de rendez-vous'
Traducción francés-español.
Alain Robbe Grillet: La maison de rendez-vous.
Mais le clou de la soirée est sans conteste un long monologue, joué par Lady Ava elle-même, seule en scène depuis le début jusqu’à la fin de l’acte. Le terme du monologue ne convient du reste pas tout à fait, car il y a peu de paroles prononcées au cours de cette petite pièce dramatique. Notre hôtesse y tient son propre rôle. Dans le costume où l’on vient de la voir pendant la réception, elle fait son entrée, maintenant, par la grande porte du fond (une porte à deux battants), dans le décors extraordinairement réaliste qui reproduit de façon parfaite sa propre chambre à coucher […]. Saluée par des applaudissements soutenus, Lady Ava s’incline brièvement face à la rampe. Puis elle se retourne vers la porte dont elle n’avait pas encore lâché la poignée, la renferme, et demeure un instant à écouter quelque bruit au dehors (imperceptible pour les spectateurs) en tendant l’oreille vers le panneau mouluré, mais sans appliquer la joue contre le bois. Elle n’a rien perçu d’inquiétant sans doute, puisqu’elle abandonne bientôt cette attitude pour s’approcher du public, qu’elle ne voit plus désormais, bien entendu. Elle fait ensuite quelques pas vers la gauche, mais des pas de plus en plus indécis, semble réfléchir, change d’idée, retourne à droite, se dirige obliquement vers le fond de la pièce, pour revenir presque aussitôt du côté de la salle. Elle est visiblement désemparée, son visage est las, usé, vieilli, toute la tension mondaine de la réunion tombée d’un seul coup.
Jean d-Omerson 'Au plaisir de Dieu'
Traducción de francés a español.
Au plaisir de Dieu, Jean d’Omersson.
Je suis né dans un monde qui regardait en arrière. Le passé y comptait plus que l’avenir. Mon grand-père était un beau vieillard très droit qui vivait dans le souvenir. Sa mère avait dansé aux Tuileries avec le duc de Nemours […] et ma grand-mère à Compiègne avec le prince impérial. Mais c’était à la monarchie légitime qu’à travers tant de désastres, de barricades, de citadelles assiégées, de rebelles triomphants, ma vielle tribu tout entière restait passionnément attachée. Les lendemains qui chantaient aux oreilles des prophètes ne lui disaient rien qui vaille. L’âge d’or était derrière nous, avec toute cette douceur de vivre dont nous traînons dans nos légendes les echos assourdis et que les plus jeunes d’entre nous n’avaient jamais connue.
Il flottait toujours parmi nous, et plutôt un peu au dessus, un personnage silencieux et absent : c’était le roi. Les plus âgés de la famille nous parlaient encore de lui, le soir, comme un maître très bon, dont des serviteurs indignes avaient parfois abusé. Le roi n’avait pas manqué, cinq ou six fois par siècle, de dire à un arrière-grand-père maréchal, général des camps ou premier président, à un arrière-grand-oncle gouverneur du Languedoc, à une arrière-grand-tante libertine, quelques paroles insignifiantes que nous répétions sans nous lasser. Et elles nous donnaient tant de bonheur que nous allions quelquefois jusqu’à en inventer de nouvelles. Nous étions une vieille famille.