16 mai 2006
Trois jours chez ma mère
1. Pour ce qui est du type de texte il s’agit d’un texte narratif : il nous raconte un souvenir. Pour ce qui est du genre textuel, il faut signaler qu’il s’agit évidemment d’un roman qui est apparemment autobiographique. Le narrateur parle de lui même et de ses propres expériences, de ce qu’il ressent, etc.
2. En ce qui concerne les fonctions communicatives que l’on trouve dans le texte, il faut signaler que la fonction communicative principale, ou dominante, est la fonction expressive, qui permet à l’auteur d’exprimer sa propre subjectivité (ses opinions, ses sentiments, etc…) comme il le fait dans le texte qui nous occupe. Nous trouvons un bon exemple de fonction expressive à la ligne 15 quand il dit en parlant de certaines questions « Elle vous heurtent de front…Sale moment ». Mais, bien que se soit la fonction expressive qui domine, il y a aussi d’autres fonctions communicatives dans le texte, ce qui est normal. Ainsi nous trouvons aussi la fonction référentielle quand le narrateur affirme à la première ligne « Il m’arrive aussi d’oublier… ». La fonction phatique ou conative est aussi présente dans le texte, mise en bouche de la mère du protagoniste quand elle lui demande « Tu me montres ton roman ? » (ligne 21). La fonction poétique est aussi présente dans le texte a plusieurs reprises, par exemple, lors de l’empl,oi de parallélismes (le dément ne s’indigne plus, ne s’insurge plus) mais aussi aux lignes 12-13 et 21-22. ces parallélismes très souvent sont ordonnés de manière graduelle (gradation).
3. Analyse des personnes grammaticales du texte.
IL : c’est la non-personne (cf. doc. éléments essentiels…). Dans ce texte il a deux valeurs impersonnelle (lignes 1, 6, 14, 16, etc.. il m’arrive d’oublier… ; il y a eu… ; il arrive aussi que ces questions… ; il s’agira…)
Mais à la ligne 10 Il en est où ton roman , ‘il’ a ici une valeur de cataphore (roman). ELLES à la ligne 11, 16 ont aussi une valeur anaphorisante pour reprendre ‘les questions’ dont on vient de nous parler.
ELLE à la linge 19 est aussi une anaphore pour faire allusion a ‘ma mère’.
VOUS à la ligne 10 est une deuxième personne dilatée (‘tu’ et les autres). Dans le cadre du texte il peut aussi être interprété comme équivalent au pronom ‘nous’. Le pronom vous, en principe, implique le récepteur du texte mais pas son émetteur pour dans ce texte que l’auteur raconte à la 2ème. Personne du pluriel est quelque chose que lui il a aussi vécu. Par exemple quand il dit « Certaines questions vous mettent au pied du mur » c’est une situation que lui il a déjà vécu puisque c’est ce dont il parle est une expérience qu’il a déjà vécu et qu’il pense qui doit être aussi partagée par ses lecteurs. Dans ce cas, si nous interprétons ce ‘vous’ comme équivalent à ‘nous’ il ne s’agirait pas d’une personne grammaticale objective mais subjective. En fait il s’agit d’un ‘vous’ qui a aussi bien les traits du pronom ‘vous’ que ceux du pronoms ‘nous’.
JE première personne, personne subjective.
TU deuxième personne, objective. Lignes 21 et 25.
ON fait allusion à un groupe imprécis comprenant je (le locuteur)et tu (les autres).
En plus des reprises sous la forme de pronoms personnels il a d’autres mécanismes qui aident à la cohésion du texte, par exemple, l’utilisations de synonyme ou de termes qui sont en corréférence par exemple : elle, maman, mère… ou encore roman, texte, manuscrit, tapuscrit,…
05 mai 2006
Modiano: Dora Bruder
Boceto del comentario del texto de Dora Bruder, P.Modiano.
Questions pour le commentaire :
1· Analyser les temps verbaux.
2· Expliquer le point de vue ainsi que le type de narrateur.
3· Analyser la cohésion et la cohérence textuelles.
4· Relever dans le texte les marques de voix multiples.
∙ Il y a plusieurs temps verbaux employés dans le texte:
▪Présent (ancré dans la situation d’énonciation et qui marque, donc, la présence du narrateur, et dans ce texte il signale l’existence de deux scènes d’énonciation différentes : celle du narrateur de l’ensemble du texte, et celle de l’énonciateur réel du texte de la rubrique « d’hier à aujourd’hui ».
Pour ce qui concerne le présent nous pouvons distinguer deux emplois très différents du présent celui du présent de l’énonciation (dont nous avons parlé cours) et un présent qui n’est pas tout à fait présent mais qui est décalé par rapport à celle-ci. Parmi les présents de l’énonciation nous distingons :
-contemporanéité absolue (verbes perfomatifs)
-dilatéà Paul a les yeux bleus.
-atemporel à La terre tourne.
-gnomique à Qui va à la chasse perd sa place.
▪Imparfait/plus-que-parfait. (particularités : embrayés/non-embrayés, en fonction de la situation dans laquelle ils sont employés) temps descriptifs.
▪ Passé composé (ancré)
∙ Type de narrateur : il y a en gros trois types de narrateurs.
-Focalisation zéro, non-focalisé, narrateur omniscient.
-Focalisation interne, le narrateur s’identifie, coïncide avec un personnage. C’est le type de narrateur que nous trouvons dans ce texte. Le narrateur s’identifie avec le je qui es, pour ainsi dire, le personnage principal du texte.
-Focalisation externe. Dans ce cas le narrateur est un observateur qui se place en dehors de l’histoire.
En plus de ce genre de narrateur, Charaudeau distingue entre narrateur objectivant et subjectivant. Ici nous nous trouvons face à un narrateur subjectivant.
∙ Traces de polyphonie. Dans le texte nous retrouvons plusieurs voix différentes .
-celle du narrateur qui raconte l’histoire et qui s’identifie avec le ‘je’ de ‘je le connais’ ;
-celle du responsable de l’énoncé de la rubrique « D’hier à aujourd’hui », c-à-d M. et Mme Bruder et le journal d’autre part qui n’est point responsable de l’énoncé. Il s’agit d’un simple support, du médium du texte. La reproduction du texte du journal est une forme de discours rapporté, du discours direct particulier tout de même.
- Lorsque le narrateur affirme « on m’avait dit… » nous assistons, comme nous le verrons dans le thème 29, à une forme de discours rapporté très particulière que Maingueneau appelle « modalisation en discours second ». c’est une manière pour l’énonciateur de se décharger de la responsabilité de ce qu’il affirme.
∙ En ce qui concerne la cohérence et la cohésion textuelle il faut signaler que, si bien la cohérence ne manque pas au texte, la cohésion est difficile. Cela s’explique par l’énorme variété de perspectives temporelles du récit. Pour commencer nous ne savons pas quand est ce que le narrateur raconte l’histoire ¿maintenant ?, en 1949, entre les deux ?? En plus tout le long du texte est plein de références temporelles qui ne coïncident pas, il y a des sauts temporels, des ellipses.
Une autre difficulté dans ce texte est le manque de connecteurs temporels ou autres. La cohésion est assurée surtout grâce à l’unité thématique : tout le texte tourne autour du même quartier.
∙ Pour conclure il serait intéressant de mettre en relation ce livre de Modiano avec le reste de sa production littéraire et le contexte littéraire et historique.
Bibliographie :
∙ CHARAUDEAU : Grammaire du sens et de l’expression.
∙ MAINGUENEAU : Analyser les textes de communication.
Anna Gavalda: Ambre (Je voudrais...)
Commentaire du texte de Anna Gavalda extrait de Je voudrai que quelqu’un m’attende quelque part.
De quel type de texte s’agit-il? Justifiez votre réponse.
Commentaire du texte
1· Au-delà de l’idée intuitive que nous avons tous sur le texte et qui nous permet d’ailleurs de les reconnaître dès que nous en voyons un, il est très difficile d’en donner une définition plus précise de ce qu’est un texte sur des critères autres que le critère formel. Pour ce faire nous allons suivre les thèses de Jean-Michel Adam qui assure qu’un texte est dans la plupart des cas de nature hétérogène. Pour lui, les textes sont composés de séquences. Il existe plusieurs types de séquences : narrative, descriptive, explicative, argumentative et dialogique. Normalement les textes sont de nature hétérogène, c’est-à-dire qu’il est habituel de trouver dans le même texte plusieurs types de séquences différentes. Ainsi, dans un texte argumentatif tel un discours prononcé pendant une campagne électorale, nous pouvons y trouver des séquences descriptives, lorsque le candidat décrit son enfance, des séquences narratives où il raconte quelque chose qui lui est arrivé récemment et aussi, des séquences argumentatives où il va demander à son public de voter pour lui aux prochaines élections.
Ce texte est essentiellement narratif mais on y trouve aussi des séquences dialogiques, lorsqu’il demande « C’était quand la guerre du golfe ?… » on peut aussi parler de séquence dialogique lorsqu’il parle avec lui même, une sorte de dialogue intérieur où il semble s’adresser à soi-même et à Sonia (Tu me diras je m’en fous. Je te dis la guerre du Golfe…//Sonia tu m’excuses…). Il y a aussi quelques traces descriptives lorsqu’il se souvient et qu’il nous explique comment est sa vie et qu’il parle de ses souvenirs.
2· Le texte, qui est écrit à la première personne est marqué par un ton très personnel qui, dans beaucoup de cas rappelle beaucoup le discours oral. Le vocabulaire employé par le narrateur qui est donc un narrateur protagoniste, intradiégétique, est très familier et même vulgaire dans de nombreuses occasions. Voilà les expressions argotiques les plus saillantes et leurs sens dans le texte :
J’ai baisé… Il fait allusion au fait qu’il a eu de nombreuses relations sexuelles aux qu’elles il n’a accordé aucune importance sentimentale.
Fric au lieu de parler d’argent.
Lèche-culs il utilise ce terme pour faire allusion aux personnes qui l’entourent, qui sont avec lui et qui l’appuient par la popularité/richesse qu’il possède. Le terme est assez négatif envers ces personnes car il souligne l’aspect intéressé, forcé, non altruiste de ces relations.
Torcher. très familier, voire vulgaire, essuyer pour nettoyer.
Poule. Il emploi ce terme pour faire allusion à une fille. Ce terme peut être employé sur un ton affectif mais aussi sur un ton méprisant ou il est assimilé avec le terme cocotte. Par le contexte et la manière dont il parle, on comprend que c’est la deuxième acception du terme qui est utilisée ici.
Clope. Pour parler de cigarette sur un ton familier.
Ma vie part en couilles.
Putain. Employé ici comme une interjection, caractéristique du discours oral, vidée de sens lexical.
3· En ce qui concerne les temps verbaux employés dans le texte il faut signaler que le présent est le temps qui domine. La majorité de ces présent sont des présents qui coïncident avec le présent de l’énonciation (mettre des exemples). Il y a aussi quelques passés composés quand il parle de ses souvenirs, des imparfaits (pour décrire des situations), des plus-que-parfait et un futur (tu me diras).
Il est intéressant de signaler aussi quelques ellipses je n’étais pas là, je n’ai pas vus, je n’ai pas entendu. Ellipses du verbe (auxiliaire) et de la première partie de la négation.
15 janvier 2006
Robbe-Grillet, Les gommes
Commentaire du texte: Les gommes de Robbe-Grillet.
1· Étude des marques linguistiques qui justifient le type de texte.
2· Analyser les mécanismes de cohésion et cohérence textuelle.
3· Analyser les indications spatiales et temporelles qui figurent dans le texte.
4· Mettez en relation ce texte avec la production littéraire de l’auteur et la littérature du XXème.
Indications sur ce texte : Les gommes de Robbe-Grillet.
▪ Il s’agit de l’incipit du roman. Normalement le début du roman est la partie la plus expositive du texte. C’est là où l’auteur nous donne des informations qui permettent à l’auteur de situer le texte à une époque donnée, à un endroit et de connaître les personnages concrets et leur situation, etc...
Il existe plusieurs types d’incipit : « In media res » nous sommes introduits au milieu de l’action ; incipit « différé » : le personnage principal est présenté plus tard…. Ici nous nous trouvons face à un mélange d’une part, rien n’est dit sur le personnage principal (Wallas ne sera présenté qu’à la page 45), incipit différé, donc. Mais l’auteur nous fournit aussi quelques informations attendues de ce type de texte : le moment (6 heures du matin), l’espace (la salle de café) et un personnage (le patron). Il s’agit en même temps d’informations imprécises : nous ne pouvons pas situer le texte ni à un lieu précis, ni à une époque exacte et nous ne connaissons pas, non plus, l’identité du personnage (le patron).
▪ absence de verbes très fréquente.
▪ focalisation : dans la pénombre, …
de l’autre côté,…
dans le miroir,…
ce sont des éléments détachés du reste de la phrase.
▪ Ce livre s’encadre dans le « Nouveau Roman ». Il s’agit d’une sorte de mouvement littéraire qui se produit entre 1950 et 1960 approximativement. Nous pouvons nommer entres autre : Buttor, Mauriac, Ollier, Ricardou et, bien sûr, Robbe-Grillet comme nouveaux romanciers. Mais aussi : Duras, Sarraute, Pinjet, Beckett (en tant que romancier), …
La poétique du nouveau roman repose surtout sur un rejet radical
-du romanesque
-de l’illusion référentielle
-du réalisme socialiste et,
-de la notion d’engagement.
Dans ce sens Robbe-Grillet affirme que « dès qu’apparaît le souci de signifier quelque chose (quelque chose d’extérieur à l’art) la littérature commence à reculer, à disparaître ».
Le nouveau roman rompt avec tous les principes (narratifs et idéologiques) de l’esthétique romanesque classique. Écrivant dans une société hantée par les révélations de la Seconde Guerre mondiale et de ses suites, les nouveaux romanciers ont le sentiment d’affronter une réalité dont la cohérence leur semble nulle. Au monde ordonné, donc explicable, que pouvaient logiquement prétendre représenter leurs prédécesseurs du XIXème, a succédé un univers fragmenté, un labyrinthe sinon hostile, du moins étranger à l’homme. Ainsi, le Nouveau Roman s’attaque à l’esthétique réaliste ou naturaliste. Robbe-Grillet en arrive à affirmer que « raconter est devenu proprement impossible ».
On note d’emblée la disparition de l’intrigue linéaire. Les œuvres deviennent des sortes de puzzles que les lecteurs doivent reconstruire, non sans difficultés.
Les narrateurs ne sont plus fiables du tout car ils ne parviennent pas a raconter le passé qu’il veulent reconstituer : des contradictions, des hésitations, des doutes, des trous dans les récits deviennent habituels et leur légitimité s’en ressent.
L’effacement des personnages est aussi un trait caractéristique. Les indications sur les personnages sont souvent réduites au strict minimum : pas de description physique, effacement des traces psychologiques,… et d’autre part ce sont les objets et leur description minutieuse qui sont omniprésents et qui laissent donc les personnages à l’arrière plan du récit.
La chronologie du récit est aussi bouleversée.
On peut affirmer que le nouveau roman est une sorte de déconstruction du roman traditionnel.